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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 08:24

Retraite et pénibilité : le double langage du gouvernement

S’il n’est pas encore possible de dire quel sera le calendrier  du chantier des retraites en 2010, on peut déjà cependant prédire qu’il ne sera pas une partie de plaisir.

En effet, François Fillon a donné le ton et une première date: «Le Conseil d’Orientation des Retraites nous présentera ses prévisions financières en avril. Nous connaissons tous les instruments qui sont à notre disposition : les cotisations, la durée légale d'activité, l'âge de départ à la retraite, adéclaré le Premier ministre lors de ses voeux à la presse. Au regard des évolutions de notre démographie, personne ne doit s'attendre à des décisions faciles pour assurer la pérennité de nos régimes de retraites. Nous les assumerons».


Quant au ministre du Travail, Xavier Darcos, il a précisé mardi lors d'un débat au Sénat qu'il n'y avait pas «d'autre solution que de travailler plus longtemps»pour assurer le financement des retraites. Et le même Xavier Darcos s’apprête à réitérer le «coup de la pénibilité». En effet, bien conscient que l’opinion est très sensible à ce que la pénibilité du travail soit enfin reconnue pour justifier un départ anticipé à la retraite, le gouvernement entend monnayer cette reconnaissance contre l’acceptation de sa réforme. Cela, alors que les négociations sur le sujet sont restées dans l’impasse à cause du Medef, conforté dans son attitude par la non ingérence du gouvernement dans ces négociations.

 Mais qu’en est-il au juste des intentions réelles du gouvernement ? On peut se poser la question puisque dans le même temps, Roselyne Bachelot s’apprête précisément à supprimer la reconnaissance de la pénibilité pour les infirmières des hôpitaux publics en les alignant sur le régime général.

En échange de la reconnaissance de leur formation au niveau bac+3, qui va leur permettre de passer en catégorie A de la Fonction publique et d'améliorer (mais pas de façon spectaculaire) leur rémunération, les infirmières vont perdre le bénéfice de la possibilité de départ en retraite anticipée à 55 ans.
Pourtant, tout justifie le maintien de ce dispositif: travail de nuit, travail posté, port des patients, produits toxiques, pénurie organisée de personnels, charge émotionnelle (souffrance, mort), responsabilités… «Un cinquième des infirmières et un tiers des aides soignantes partent en invalidité avant l’âge de 55 ans, rappellent la CGT et sa fédération de la Santé et de l’Action sociale dans un communiqué du 14 janvier. Ce n’est que justice sociale de maintenir la reconnaissance de la pénibilité dans ce secteur, de l’élargir aux salariés de la santé privée ainsi qu’à tous les salariés qui travaillent dans les mêmes conditions et dont l’espérance de vie moyenne est amputée de plusieurs années».

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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 07:35

Pénibilité

Elle n’est monnayable ni pour les infirmières ni pour les autres salariés

Communiqué commun Confédération, Fédération Cgt santé et action sociale

jeudi 14 janvier 2010

A la veille du RDV 2010 sur les retraites, la reconnaissance de la pénibilité par un départ anticipé en retraite est plus que jamais urgente.


D’un côté Xavier DARCOS, ministre du Travail, parle « d’aborder sans tabou les questions de la pénibilité ». Au même moment la ministre de la Santé, Roselyne BACHELOT, par un chantage scandaleux au nom de la reconnaissance justifiée de la qualification, remet en cause la reconnaissance de la pénibilité pour les infirmières, les kinés, manipulateurs radio et assistantes sociales du secteur public. En échange de la reconnaissance du niveau de formation Bac +3 (licence) ces paramédicaux perdraient ainsi le bénéfice du départ en retraite anticipée à 55 ans.


Pourtant, tout justifie le maintien de ce dispositif : travail de nuit, travail posté, port des patients, produits toxiques, pénurie organisée de personnels, charge émotionnelle (souffrance, mort), responsabilités… Un cinquième des infirmières et un tiers des aides soignantes partent en invalidité avant l’âge de 55 ans sans compter les conséquences que cela peut avoir sur la qualité des soins apportés aux patients.


Ce n’est que justice sociale de maintenir la reconnaissance de la pénibilité dans ce secteur, de l’élargir aux salariés de la santé privée ainsi qu’à tous les salariés qui travaillent dans les mêmes conditions et dont l’espérance de vie moyenne est amputée de plusieurs années.


Le secteur de la santé, fortement féminisé, ressent de plus cette remise en cause comme discriminatoire à l’égard des femmes.


Pour toutes ces raisons, la Confédération Cgt et sa Fédération de la Santé/Action Sociale appellent les salarié(e)s, du privé comme du public, à se mobiliser pour le maintien et la conquête de cette reconnaissance de la pénibilité par un départ anticipé à la retraite.


 

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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 09:48

 

Le dossier des Majorations de Durée d’Assurance n’est pas clos
En modifiant la majoration de durée d’assurance du régime général (MDA), le projet de loi de financement pour la sécurité sociale(PLFSS) 2010 soumis par le gouvernement et adopté aujourd’hui par le parlement, modifie la conception de la MDA et portera à long terme atteinte aux droits à retraite des femmes.


La mobilisation de la CGT et l’intervention commune avec la FSU, l’Union syndicale solidaire et diverses associations ont permis de protéger les droits acquis au titre des enfants nés avant le 31 décembre 2009.


Néanmoins, l’article 38 du PLFSS, liant quatre des huit trimestres de MDA à l’éducation de l’enfant, ouvre ce dispositif aux pères, moyennant la réduction du nombre de trimestres dont bénéficient les mères.


La MDA est le seul mécanisme permettant de réparer au moment de la retraite une partie des inégalités professionnelles dont sont victimes les femmes qui ont des enfants.


Prenant prétexte d’une décision judiciaire pour le moins discutable, le gouvernement est resté sourd et nie la légitimité sociale de ce dispositif ! Alors que les femmes perçoivent une pension 30% inférieur à celle des hommes, que la MDA représente près de 20% du montant de leurs pensions, la CGT le réaffirme, il est possible juridiquement et indispensable socialement de maintenir 8 trimestres de MDA par enfant.


Le dossier n’est pas clos pour la CGT, qui continuera à porter, dans le cadre d’un rendez vous 2010 en matière de retraite, une MDA vecteur de justice dans le régime général, dans la fonction publique comme dans les régimes spéciaux.

Montreuil, le 26 novembre 2009

 
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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 19:56

 

Organisations syndicales et associations défendent les droits des femmes auprès des députés
A l’occasion de l’ouverture du débat sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2010 à l’Assemblée nationale, les délégations (CGT, FSU, Union syndicale Solidaires, collectif national pour le droit des femmes, organisation de Femmes-égalité) ont rencontré le rapporteur UMP, la Présidente de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes, et des parlementaires des groupes PS et GDR pour défendre le bien-fondé des dispositions actuelles en matière de majorations de durée d’assurance accordées pour la retraite aux mères de famille.


Les délégations ont mis en évidence que l’article 38 du projet de loi, qui consiste en la possibilité de partager les 8 trimestres (jusqu’alors réservés à la mère) avec le père, conduirait pour nombre de femmes à une réduction de leur droit à retraite.
Cette remise en cause intervient alors qu’il est démontré que les inégalités entre les femmes ayant eu des enfants et les autres salariés restent très importantes au moment du départ à la retraite.


Les délégations ont également fait valoir que leur appréciation était largement partagée, puisque dans un sondage publié en août dernier, plus de 66 % des personnes interrogées se disaient « pas tellement favorable » ou « pas favorable du tout » à une diminution des « avantages accordées aux mères de famille au nom de l’égalité de traitement hommes/femmes… ».


Les délégations ont contesté l’utilisation par le gouvernement de l’arrêt de la Cour de cassation, invoqué pour justifier cette remise en cause, qui est fondé sur une lecture tout à fait discutable de l’article 14 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.


Les délégations ont fait valoir qu’il était possible, en amendant le texte soumis au débat parlementaire, d’assurer le maintien des 8 trimestres pour les mères de famille en les attachant à l’accouchement, la maternité et au préjudice subi au cours de la carrière du fait de l’éducation des enfants.


Montreuil, le 27 octobre 2009


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