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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 13:40
Pouvoir d’achat des pensions :
rien ne va plus !
Agissons !

Les salariés, qu’ils soient actifs ou retraités, sont confrontés au mal vivre et aux restrictions quotidiennes. Ils expriment de plus en plus de mécontentements, de colère et d’indignation devant trop d’injustices et inégalités.

 

Pour lire le tract:

  http://www.ugff.cgt.fr/IMG/pdf/TRACT_pouvoir_d_achat_des_pensions_-_juillet_2011.pdflink

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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 11:29

Recul de l’âge de la retraite au 1er juillet

Injuste et pénalisant pour les salariés

jeudi 30 juin 2011

 

C’est en effet vendredi 1er juillet qu’entrera en vigueur le report de l’âge de la retraite pour les salariés (fonctionnaires compris), nés entre le 1er juillet et le 31 décembre 1951.

 

Ce report va d’abord s’élever à 4 mois, puis 8 pour la génération 1952 et jusqu’à 2 années pour la génération 1956 à raison de 4 mois supplémentaires chaque année. Cela va concerner pour la seule année 2011 plus de 200 000 salariés qui ne pourront accéder à la retraite à 60 ans.

  

Les salariés ayant quitté leur entreprise dans le cadre de départs volontaires assortis d’une période d’indemnisation chômage calculée souvent au plus juste, vont faire les frais du report d’âge, certains d’entre eux se retrouvant en fin d’indemnisation. La suppression de l’Allocation Equivalent Retraite au 1er janvier 2011 va entraîner que ces salariés ne percevront que les minima sociaux (RSA=466,99 € pour une personne seule).

  

Le report d’âge va également concerner les salariés ayant été exposés à la pénibilité, puisque seuls ceux affectés d’une incapacité d’au moins 20 % pourront bénéficier automatiquement du maintien du départ à 60 ans. La mobilisation récente des salariés du transport routier atteste cependant que l’heure n’est pas à la résignation et que la bataille pour une véritable reconnaissance de la pénibilité est pleinement d’actualité.

  

Outre le caractère injuste et inefficace du report d’âge, dénoncé à de multiples reprises par les millions de manifestants de 2010, d’autres mesures, résultant de la loi de 2010, mais également des lois de financement de la Sécurité sociale précédentes, contribuent à dégrader encore la situation.

  

Ainsi, les conditions d’attribution des minima, minimum contributif pour les salariés du privés et minimum garanti pour les fonctionnaires, sont modifiées. Il en résulte déjà pour les fonctionnaires concernés depuis le 1er janvier 2011 une baisse de la pension qui peut atteindre dans certains cas plusieurs centaines d’euros. Pour les salariés du privé, le versement du minimum contributif sera assorti d’un plafond, le total des pensions ne pouvant excéder 1 005 €, et ce à compter du 1er janvier 2012.

 

Décidemment, on n’a pas fini de parler des retraites. D’autant que les derniers chiffres du chômage sont là pour rappeler que la situation des salariés âgés ne s’améliore pas, bien au contraire. Cela ne fait que renforcer la nécessité d’une véritable politique de l’emploi sans laquelle l’équilibre de notre système de retraite ne peut être durablement envisagé.

La bataille des retraites demeure à l’ordre du jour et sera, à n’en pas douter, un des éléments au cœur de la mobilisation interprofessionnelle de la prochaine rentrée.

Montreuil, le 30 juin 2011

 

 

 

 

 

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 20:07

 

 

Agirc/Arrco : 

il va falloir durcir le ton

 

On est entrés dans le noyau dur des négociations sur les retraites complémentaires AGIRC et ARRCO et l’ambiance s’est tendue la semaine dernière, lors de la cinquième réunion de négociation, dès lors que les organisations syndicales de salariés ont amené la question des ressources des régimes cadres et non cadres qui ont longtemps été excédentaires, mais qui souffrent aujourd’hui de l’impact de la crise, de la réduction drastique de la masse salariale et du chômage. Ils ont été obligés de puiser dans leurs réserves pour rester à l’équilibre et les taux de rendement de ces régimes diminuent sous l’effet d’une insuffisante revalorisation de la valeur du point et du renchérissement du prix d’achat des points de retraite. Faute de pouvoir dégager des ressources nouvelles, ces régimes seraient condamnés à réduire la couverture sociale. «Le taux de rendement ces 17 dernières années a baissé de 25% à l’ARRCO et de 30% à l’AGIRC, ce qui a pour effet une répercussion immédiate d’une ampleur à peu près égale en termes de taux de remplacement », c’est-à-dire du pourcentage de la retraite versée par rapport au dernier salaire, a affirmé Éric Aubin qui conduit la délégation de la CGT. L’un des enjeux de cette négociation, est le sort qui serait fait aux « avantages familiaux » de ces régimes. Car le Medef a bien l’intention d’obtenir des contreparties au maintien de la retraite sans abattement et le retour à un éventuel rendement constant des régimes. En clair, le patronat veut imposer de nouveaux reculs sur les droits des retraités actuels et futurs. Ces régimes attribuent des majorations de pension pour les parents d’au moins trois enfants et versent des pensions de réversion aux assurés ayant perdu leur conjoint.


Actuellement, l’ARRCO améliore de 5 % les pensions des parents de trois enfants ou plus, tandis que l’AGIRC les majore de 8 % pour trois enfants, puis de 5 % par enfant supplémentaire jusqu’à un plafond de 24 %. Le patronat revendique un alignement sur les règles les plus défavorables. Outre ces majorations, un avantage conjugal, la pension de réversion, est aussi au coeur de la négociation. Ces pensions, attribuées très majoritairement à des femmes, sont accordées sans conditions de ressources dans les deux régimes complémentaires et représentent 60 % du montant des pensions qui auraient été versées au conjoint décédé (contre 54 % dans le régime de base).
On voit toute l’importance de ces négociations qui font suite à la bataille menée l’an passé contre la réforme des retraites. On voit aussi combien il est capital que les salariés et leurs organisations se saisissent de cette question et durcissent le ton.
La CGT avait appelé jeudi à des initiatives et des rassemblements. Rien ne nous condamne à voir les retraites complémentaires se réduire comme peau de chagrin. D’autant que les économies exigées par le Medef n’assureront pas l’équilibre sur le long terme. Des ressources nouvelles doivent et peuvent être dégagées. Ainsi, il faut revoir la question des cotisations patronales et l’assiette des cotisations, car une étude montre que si on soumettait à cotisation la participation et l’intéressement c’est 2,3 milliards qu’on ferait rentrer dans les caisses.

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 19:54
Retraites complémentaires 
Le 9 mars,
faire pencher la balance du bon côté !
 

Les retraites complémentaires représentent entre 30 et 70 % du total de la pension pour les salariés du privé et concernent 18 millions de salariés et 11 millions de retraités, mais également tous ceux qui, fonctionnaires ou ressortissants des régimes spéciaux, ont effectué une partie de leur carrière dans le privé.

 

La CGT appelle à de nouveaux rassemblements le 9 mars pour faire pencher la balance du bon côté et imposer un accord qui soit réellement favorable pour les retraités actuels comme futurs.

 

L’UGFF invite ses adhérents à participer aux rassemblements sur les négociations sur les retraites complémentaires du 9 mars 2011, organisés par les Unions départementales de la CGT.

 

A priori les fonctionnaires considèrent qu’ils ne sont pas concernés par l’enjeu des négociations avec le Medef sur les retraites complémentaires, Agirc (cadres) et Arrco (ouvriers et employés).

 

Beaucoup d’entre eux ont cependant un grand intérêt à participer aux mobilisations sur ce sujet (voir note de l’UGFF ci-dessous).

 

La note UGFF

http://www.spterritoriaux.cgt.fr/IMG/pdf/Note_ugff_9_mars_2011-retr-complem.pdflink

 

pour lire le tract dans son intégralité

http://www.spterritoriaux.cgt.fr/IMG/pdf/conf_retr_compl_9mars11.pdflink

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 10:38

Retraites

Non, tout n’est pas joué !

Contrairement à ce que le gouvernement souhaiterait faire croire, la loi de réforme des retraites n’est pas encore "bouclée".

Adopté au Sénat vendredi à l’issu du coup de force du "vote bloqué", le texte doit encore passer devant la Commission Mixte Paritaire (composée de 7 députés et 7 sénateurs) qui en finalisera la rédaction et la soumettra aux votes des deux assemblées, ce qui devrait avoir lieu le jeudi 28 octobre.

 

Mais le recours devant le Conseil Constitutionnel, qui devrait être introduit par les élus de Gauche immédiatement après le vote des assemblées, suspendrait la promulgation jusqu’aux alentours du 15 novembre. Car le Président de la République ne pourra promulguer la loi que si le texte est validé par le Conseil.

 

Il doit donc attendre l’examen et la décision du Conseil Constitutionnel, et sous réserve qu’aucune censure, partielle ou totale ne soit apportée au texte, ce qui obligerait à la réécriture de la loi.

 

Au delà de ce processus, il restera à formaliser et publier les décrets d’application de la loi. Rappelons-nous que pour sortir de la crise suscitée par la loi pourtant promulguée sur le CPE, les décrets d’application n’avaient pas été pris.

 

Le Gouvernement ne peut donc s’abriter derrière le vote du Parlement, pour clore le débat sur les retraites et dissuader les opposants à cette réforme de manifester les 28 octobre et 6 novembre.

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 09:55
 

Une dignité retrouvée


Le rapport de forces est large avec des cortèges de manifestants très colorés et très diversifiés. Ainsi il y a des jeunes et des retraités, des femmes et des hommes issus de nombreuses professions. Tout ce beau monde a beau être caricaturé par le gouvernement qui ne voit là que des «gueulards» qui ne comprennent rien au monde moderne, ils restent mobilisés.


Comment est-ce possible?


Peut être parce que la plus grande force de ce mouvement social c’est qu’il redonne de la dignité à des millions de salariés du public comme du privé. Des hommes et des femmes responsables qui voient les puissants dilapider le fruit de leur travail. Organisation du travail stérile, restructuration abjecte, finalité des objectifs tronquée, chartes aussi contraignantes qu’inutiles, réforme injuste...


Tous ces «gueulards» sont tous unanimes sur le fait que nous avons une société qui marche sur la tête. Oui, ce mouvement porte le besoin de plus de justice sociale, le besoin de retrouver l’équilibre entre vie personnelle et professionnelle et ce tout au long de sa vie. Le besoin de sécuriser les emplois et les déroulements de carrière. Que le besoin d’avoir fait des études ne serve pas qu’à soi mais aussi pour les autres dans une finalité et un sens du travail retrouvé. Donc oui, ce mouvement porte bien en lui des questions sociétales!


C’est pour ça que les vacances ne vont pas être une coupure, car les salariés mais aussi les Français,
dans leur grande majorité veulent que des choses changent. S’ils ne savent pas encoretrès bien ce qu’ils veulent, ils savent en revanche très bien ce qu’ils ne veulent plus.
Faire parler nos collègues sans relâche, pour que toutes ces revendications latentes, derrière le dossier des retraites explosent et qu’au «20heures»on nous lâche avec le tour de France des pompes à essences!


Les ingénieurs et cadres sont dans cette colère qui monte, avec les jeunes, les femmes, les précaires...
L’important pour nous tous c’est de faireen sorte qu’elle s’exprime sous toutes les formes d’actions
possibles.


Permettre aux ingénieurs et cadres de se compter, c’est leur permettre de gagner en confiance.
Alors ne les décevons pas! Portons à leur connaissance la pétition de l’UGICTet l’ensemble de nos propositions revendicatives. Dans les manifs, dans nos services, posons la question de l’adhésion!


Bonne manifestation jeudi! Bonne pétition! Bonne syndicalisation!

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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 10:04
Thibault demande à Sarkozy de ne pas promulguer la loi réformant les retraites

PARIS — Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a demandé dimanche au président Nicolas Sarkozy de "ne pas promulguer la loi" réformant les retraites, qui doit être adoptée définitivement par le Parlement mercredi.

 

"Nous sommes contraints d'organiser ces deux nouvelles journées (d'action jeudi prochain et le 6 novembre) parce que le Parlement ne nous a pas entendus et que le président de la République est susceptible de promulguer cette loi", a déclaré Bernard Thibault à France 5.

 

"Nous agissons dans ce cadre-là, en lui demandant de ne pas la promulguer", a-t-il poursuivi, alors que selon le conseiller social de l'Elysée Raymond Soubie, la promulgation, qui permettra la mise en oeuvre de la réforme, devrait intervenir autour du 15 novembre.

 

Le leader de la CGT a également réaffirmé que l'"objectif" des syndicats était "l'ouverture de négociations sur l'avenir des retraites". "S'il y a ouverture de négociations, le mouvement ralentit, voire s'arrête", a-t-il insisté. "Ce gouvernement est loin d'être sorti de cette affaire", a prévenu M. Thibault car "le mouvement de mobilisation va continuer". "Le mouvement "ne se radicalise pas, il s'est étendu", a-t-il ajouté. Pour lui, tant que le texte n'est pas promulgué, "il est encore temps de peser".

 

Pour autant, jeudi, qui marquera une septième journée de mobilisation depuis la rentrée, "on ne s'attend pas à battre un record" de participation en raison des vacances de la Toussaint, a reconnu Bernard Thibault. Lors de la dernière journée le 19 octobre, les syndicats avaient dénombré près de 3,5 millions de manifestants et le ministère de l'Intérieur 1,1 million.

 

A la question de savoir s'il demandait aux grévistes de reprendre le travail dans les raffineries, M. Thibault a répondu "non". Les douze raffineries de France sont toutes à l'arrêt, entraînant une pénurie d'essence en certains endroits.

 

Reconnaissant les conséquences pour les Français, il a affirmé qu'elles "ont d'abord comme origine la position intransigeante du président de la République".

Interrogé sur le prochain gouvernement, qui devrait être désigné dans les semaines qui viennent, M. Thibault a répondu: "Je ne crois pas qu'il y aura un gouvernement à la fibre sociale soudainement". "Ce serait une vraie rupture", a-t-il ironisé.

 

Enfin, il a indiqué que 6.000 salariés avaient adhéré à la CGT depuis septembre.

 

 

Dimanche 24 octobre 2010

 

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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 17:07

Lettre à tous ceux qui restent chez eux

 
On est samedi. Quand ils le peuvent, ils partent en week-end pour décompresser. Quand ils ne le peuvent pas, ils sont fatigués et se reposent après avoir fait les courses et le ménage. Puis ils regardent les actualités et, par procuration, se réjouissent d'une mobilisation qui prend de l'ampleur… sans eux. Ayant battu le pavé sans relâche depuis le 7 septembre et constaté qu'il y a moins de monde le samedi dans les manifs malgré la main tendue par les syndicats à tous ceux qui ne peuvent faire grève et venir en semaine, nous relayons ici l'appel subtil et nuancé de notre amie Monolecte.

Inlassablement, ils repartent au combat. Tous les 15 jours. Puis toutes les semaines. Et puis même le week-end. Ils y vont. Malgré tout. À cause de tout. Déterminés. Joyeux. Féroces. Ils sont là.

Bien sûr, il y a les abonnés du pavé. Comme une grande confrérie. Manif après manif, ils se retrouvent toujours, immanquablement, comme guidés par un tropisme atavique. (...) Les vétérans de la lutte. Les poilus du refus. Les militants de toujours, qui se traîneront avec leur perf' de chimio s'il le faut, on s'en fout, il faut y être et c'est tout ! Toujours dans le mauvais camp. Celui de ceux qui ne sont pas au pouvoir. Le camp du peuple. De la populace qui ennuie et qui effraie, aussi, ceux qui sont censé la gouverner.

Bien sûr, il y a les jeunes. Avec leur enthousiasme gigantesque. Leur esprit de contradiction. Leur envie d'en découdre. Leur envie d'exister, d'être entendus, de compter comme des citoyens à part entière. Pas toujours très au fait des subtilités de la pensée politique mais souvent bien plus lucides, bien plus pertinents que ne le pensent généralement les vieux cons. Ils ne lâchent rien. Jamais. Ils restent toujours au milieu de la place bien après que les vieux militants se soient prestement dispersés pour retourner à une vie normale. Ils aiment plus que tout prolonger le chaos, le faire durer. Ils ne cherchent pas à être là où ça bouge, ils font bouger la foule, la font danser, la font crier. Ils ont la vie devant eux et pas l'intention de la laisser filer. Ils sont notre avenir et ils ne peuvent pas fuir.

Et puis, il y a les nouveaux. Nombreux. Toujours plus nombreux. La majorité silencieuse qui a décidé qu'elle n'en pouvait plus. La masse de ceux qui pensaient que la politique, ce n'est pas pour eux. Jusqu'à ce que la politique s'occupe d'eux. Les poursuive. Dans leur salon. Dans leur boulot. Même pendant les courses au supermarché. Devant l'école des gosses. Ceux qui ont fini par comprendre que la politique actuelle ne fait pas de quartier, pas de prisonniers. Ceux qui ont pris la crise dans la gueule, dans les tripes. Les salaires qui patinent, les boulots qui disparaissent, la gangrène hideuse du chômage qui les talonne, la santé trop chère, l'école qui se déballonne. Toutes ces fausses promesses qui n'ont engagé que ceux qui y ont cru. Toutes ses paroles creuses qui éclatent sur une réalité sociale qu'on ne peut plus faire semblant de ne plus voir.

Et puis là, le truc de trop : deux années de plus à trimer pour des clous. La goutte d'eau qui fait déborder le trop-plein d'amertume. Ils en ont juste eu marre, ils ont posé des RTT, ils ont pris les gosses sous le bras et les voilà à faire nombre dans les cortèges. Ras-le-bol général. Refus total de lâcher une seule petite chose de plus. Refus de se laisser récupérer, d'adhérer, de se faire compter. Refus total. Et ivresse de la foule.

Et puis, il y a tous les autres. Les 71% de gens qui en ont ras la cafetière de tout, qui veulent que ça pète, qui veulent que ça change, qui aspirent à autre chose, mais qui comptent sur les potes pour faire le sale boulot à leur place. C'est à tous ceux-là que je parle. C'est à toi que j'écris.

Je comprends.
Tu as toujours une bonne raison de ne pas y aller, même si tu soutiens le mouvement de tout ton cœur, de toutes tes forces. Tu as un boulot. Et tu as peur de le perdre. Ou tu es irremplaçable. Je t'ai déjà dit que les étagères de Paul Emploi sont blindées de gens irremplaçables. Tu as une famille. Et personne pour garder les mômes. Tu n'as plus de boulot. Tu as besoin de ton salaire. Tu as le crédit de ta baraque à rembourser, ta banque te tient les bollocks au creux de la pogne. Et puis, dans ta branche, les «rouges», les syndicalistes, les grandes-gueules, les fouteurs de merde, tous ces gens-là, c'est vachement mal vu quand même.

Tu es l'armée de réserve. Tu attends que ça pète pour te jeter dans l'arène à ton tour. Parce que là, tout de suite, les petites randos de santé en centre-ville, tu y crois moyen. Et puis, tu n'aimes pas les vieux militants, les syndicalistes bornés, les gamins en roue libre et les braillardes à banderoles. Tu n'aimes pas la foule. Et les retraites, tu sais que c'est grave ce qui se passe mais d'un autre côté, ça fait un bon moment que tu en avais fait ton deuil. C'est que tu es un lucide, toi. C'est que tu vois les choses globalement : d'un peu plus haut. D'un peu plus loin. Tu me dis qu'on n'a pas besoin de toi. Qu'un mec tout seul, ça ne changera rien au final.

Alors, tu nous regardes passer sous les fenêtres de ta boîte que tu détestes et tu continues ton boulot qui n'a pas de sens pour gagner un salaire en peau de chagrin. Et tu nous soutiens. De toutes tes forces, camarade !

Sauf qu'au combat, tu le sais bien, camarade, chaque soldat compte. Tout comme tu sais, même si ça te fait chier de te l'avouer, que nous sommes au cœur d'une véritable guerre des classes, une guerre sociale, et comme tous les gonzes qui défilent à tes pieds, je sais que tu as compris que les mecs en face n'ont pas l'intention de faire de prisonniers. Tu sais qu'à partir de maintenant, nous n'avons plus le droit à la défaite. Tu sais, camarade, que si nous fléchissons maintenant, ils nous achèveront demain. Nous faire trimer jusqu'à la tombe n'est que le début, camarade, c'est juste la partie émergée de l'iceberg libéral, ce n'est qu'une étape vers le véritable objectif de ceux qui tiennent les manettes : le retour au temps joyeux de Zola, où nous n'avions rien et où ils avaient tout.

Toi aussi, tu les vois, camarade, en train de dépecer notre tissu social comme une meute de charognards excités par l'odeur lourde et collante de la misère et du malheur des exploités. Tu as encore tant de choses à perdre, camarade, que tu refuses encore de descendre dans la rue. Tu as tant de choses à perdre, et eux ne voient là qu'autant de choses à te reprendre. Et ils le feront. Petit à petit. Morceau par morceau. Jusqu'à ce qu'il ne te reste rien de ce que tu t'échines à construire depuis tant d'années.

Ce n'est pas qu'une question de retraite, camarade. Et tu le sais bien. C'est une vision du monde, un choix de société. Ce sont les forces de l'argent qui ont décidé qu'elles en avaient marre de concéder des miettes aux pauvres pour avoir la paix. Ce sont nos exploiteurs qui ont décidé que nous étions des gêneurs, des surnuméraires, des empêcheurs de jouir de tout comme des porcs. Alors, ils reprennent tout : le droit de se reposer après une vie de labeur, le droit de ne pas vieillir dans la misère, le droit d'être soigné, le droit d'être instruit, le droit d'être convenablement nourri, le droit d'être correctement logé, le droit à une vie décente.

Tu sais tout cela, camarade, toi qui nous regardes défiler de ta cage climatisée. Tu sais tout cela, et tu nous soutiens.

Mais cela ne suffit plus, camarade. Si nous faiblissons, nous sommes perdus. Ils sont à l'affût, avec la suite de leur programme ignoble : encore une journée de travail en plus pour les vieux, encore des remboursements en moins, encore des subventions qui s'assèchent, encore des taxes qui frappent dur les plus pauvres, encore des restrictions, encore de la rigueur, encore de la déconstruction sociale, encore, encore, comme une litanie, encore, encore, comme notre sang qui s'écoule doucement sur les pavés, encore, encore, comme la curée de la meute, encore, encore...

Tu sais qu'on y est, camarade. Cela fait même pas mal d'années qu'on y est. Et là, c'est la position qu'on ne doit pas lâcher. C'est le point de résistance où la déroute en rase campagne se joue. Si on on perd maintenant, camarade, ils vont nous dépecer vivants.

Ce n'est plus le temps de la palabre. Plus le temps des stratégies. Plus le temps de la neutralité.

Choisis ton camp, camarade : tu es avec nous dans la rue ou tu continues à nourrir la main qui t'étrangle, lentement !

Le Monolecte

 

Source: actuchomage.org

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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 14:01

Mobilisation des salariés

Le Gouvernement perd son sang froid

Bousculés par la mobilisation massive des salariés contre leur réforme des retraites, le Président de la République et le Gouvernement se murent dans une posture de déni et dérivent vers une politique de répression et de violences policières.

 

Ce matin, le Préfet de Seine et Marne a ordonné la réquisition des 169 salariés en grève à la raffinerie de Grandpuit. La CGT condamne cet acte juridiquement illégal et politiquement insensé. L’ordonnance détourne le contenu de la loi du 18 mars 2003 sur la sécurité intérieure, fortement encadrée par des décisions du Conseil constitutionnel et du Conseil d’Etat. L’arrêt de la production dans cette raffinerie ne porte en aucun cas atteinte à la sécurité ni à la santé publique. Il s’agit d’un interdit pur et simple du droit de grève garanti par la Constitution, en l’occurrence exercé au sein d’une entreprise privée dans un cadre démocratique et pacifique. La Confédération se joint à l’action juridique demandant l’invalidation de cette réquisition.

 

Dans de nombreuses villes, les forces de l’ordre ont reçu la consigne de brutaliser les manifestants. Le Gouvernement tente d’opérer un amalgame intolérable entre les manifestations et quelques actes de violence intervenus dans certaines villes.

 

Des militants sont poursuivis, arrêtés, placés en garde à vue, simplement pour avoir collé des affiches comme à Roanne ! Les CRS chargent des queues de manifestations, sans aucune raison, comme à Lorient.

 

La CGT appelle les salariés, les grévistes à la vigilance du fait de la présence de provocateurs dans les initiatives syndicales. Ils incitent à des actes violents susceptibles en retour d’alimenter la répression policière et le discrédit de la lutte.

 

La CGT dénonce également le « camouflage » sous des autocollants syndicaux, dont ceux de la CGT, de policiers dans les manifestations et rassemblements.

 

Le Président de la République et le Gouvernement sont confrontés à une mobilisation unitaire solide, déterminée et toujours soutenue par 69% de la population, selon une enquête d’opinion publiée ce matin. Ce serait une nouvelle erreur de leur part de croire que le débat puisse être détourné vers le thème de la sécurité alors que l’origine des tensions actuelles se trouve dans les injustices de la politique économique et sociale.

 

La CGT ne laissera pas dévoyer les revendications au cœur de la mobilisation actuelle.

 

Montreuil, le 22 octobre 2010

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 11:46
Une nouvelle mobilisation toujours aussi déterminée !

 

 

La 6ème journée de mobilisation interprofessionnelle unitaire de manifestations et de grèves depuis la rentrée est sans appel : cette réforme des retraites, les salariés n’en veulent pas !

 

Avec 3,5 millions de manifestants dans 277 manifestations et une participation à la grève impliquant très largement différentes professions du privé comme du public, la mobilisation s’installe.

 

Rien n’y fait : ni les basses manœuvres du gouvernement, ni les pressions du patronat, pas plus que la répression faite sur les salariés en lutte depuis plusieurs jours ou envers les jeunes lycéens et étudiants qui manifestent et prennent ainsi leur avenir en main.

 

Les salariés, les retraités, les jeunes de plus en plus nombreux dans les cortèges, confirment, encore et toujours, leur détermination à gagner une autre réforme des retraites. Le Gouvernement et les organisations patronales ne peuvent y répondre par le mépris, la répression, et les atteintes au droit de grève. Cela est dangereux.

 

Les mobilisations en cours ne peuvent être qualifiées « d’intimidation, de prise d’otage d’un pays tout entier » comme l’a déclaré aujourd’hui le Premier ministre. La négation de la démocratie c’est lorsqu’un gouvernement et la majorité parlementaire refusent d’entendre les 71% de la population qui rejettent cette réforme et qui exigent l’ouverture de négociations sur d’autres alternatives possibles. Le chef de l’Etat, le Gouvernement, les élus et le Patronat doivent l’entendre !

 

La force, l’ancrage dans les entreprises du public comme du privé et le niveau de mobilisation en cours le démontrent, ce qui est maintenant installé dans le pays c’est un vaste mouvement unitaire qui porte l’exigence de justice sociale.

 

Les salariés expriment au-delà de la question des retraites, leurs exigences d’ouvertures de négociations pour l’emploi, les salaires, l’amélioration des conditions de vie et de travail, le développement des services publics.

 

Ils savent que le financement des retraites passe aussi par là !

 

Ce qui est à l’ordre du jour, dans le prolongement des mobilisations de 2009 et des exigences de sortie de la crise financière, c’est une tout autre répartition des richesses du pays pour une réforme des retraites juste et efficace.

 

La CGT réaffirme que le vote de la loi n’est pas d’actualité. Dans toutes les entreprises, les services, avec l’ensemble des organisations syndicales présentes, sous toutes les formes, y compris la grève, décidons massivement des formes de la poursuite permettant d’élargir encore plus le mouvement et exigeons l’ouverture des négociations sur nos revendications.

 

La CGT appelle les salariés à prolonger cette mobilisation sous toutes les formes sans attendre.

 

Montreuil, le 19 octobre 2010

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