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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 08:13

Réélue, Laurence Parisot est prête

à en découdre

 

C’est évidemment sans suspense que Laurence Parisot a été reconduite, jeudi dernier, à la tête du Medef, et l’on n’a pas été surpris quand elle s’est dite « profondément honorée » et a assuré vouloir « porter haut la voix des entreprises de France ». C’est clair, le bilan de son mandat précédent aura, de ce point de vue, presque été un parcours sans faute, tant les revendications du patronat, voire ses simples songes ont été exaucés par le gouvernement. Certes, Laurence Parisot ne peut se targuer de faire partie du très fermé club du Fouquet’s où people et décideurs économiques de la Sarkozie centrale avaient salué l’avènement de leur champion aux affaires. 

 


Cependant, elle a su marquer l’exécutif pour faire entendre sa petite musique. Sur les retraites, sur la reconnaissance de la pénibilité, sur la fiscalité comme sur les grandes décisions économiques, rien n’échappe à Laurence Parisot.


Pour son dernier mandat de trois ans, Laurence Parisot a indiqué vouloir faire de la « compétitivité » la priorité du Medef. Brocardant une nouvelle fois les trente-cinq heures, défendant « l’indispensable réforme des retraites », soutenant la « nécessaire réduction des dépenses publiques » et appelant à toujours moins de charges et de contraintes sur les entreprises, elle a aussi érigé en modèle les « toutes petites entreprises ». « Nous connaissons notre résistance et notre combativité », « nous avons prouvé que nous pouvions en découdre s’il le fallait », a-t-elle aussi lancé. Un discours de combat qui sied bien au parti de l’entreprise qu’est le Medef.


Un discours presque vindicatif qui n’est pas déconnecté de l’actualité sociale et revendicative puisque, pour la première fois depuis belle lurette, toutes les organisations syndicales du pays, sauf la CGC, ont appelé mardi à une nouvelle journée de grèves et de manifestations le 7 septembre, jour où le Parlement commencer l’examen du projet de réforme des retraites reculant de soixante à soixante-deux ans l’âge de départ légal. L’intersyndicale prévoit aussi des initiatives « au niveau local et national » (délégations en préfecture, etc.) pour interpeller le gouvernement et ses représentants le 13 juillet, jour du passage du projet de loi en conseil des ministres.


Durant l’été, les syndicats interpelleront aussi les parlementaires, notamment dans leurs circonscriptions, avant de « poursuivre leur action tout au long du processus législatif de la réforme des retraites ».


Face à un patronat dont pratiquement toutes les exigences ont été reprises par Eric Woerth et à un gouvernement qui a foulé aux pieds les plus simples exigences du dialogue social, une telle unité est bien le moins que les salariés puissent attendre du syndicalisme. Ils en ont besoin, car cette unité est gage d’efficacité face à un patronat et une majorité parlementaire décomplexés.

 

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