Les quelques jours qui précèdent le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, sont en général prétexte à la parution d’études sur les
inégalités de salaire entre les femmes et les hommes. Alors que récemment on apprenait qu’elles étaient autour de 20% en moyenne, on vient d’apprendre par la Commission européenne que les femmes
dans l’UE gagnent en moyenne 16,4% de moins que les hommes. Si la tendance tend à un resserrement de l'écart des rémunérations hommes-femmes dans l'Union européenne, le fossé se creuse dans
certains pays dont la France. Or, le principe de l'égalité des rémunérations entre les salariés masculins et féminins pour un même travail est inscrit dans les traités européens depuis 1957. Cet
écart de salaire reflète, selon Bruxelles, la difficulté à concilier vie professionnelle et vie familiale. Certaines femmes se retrouvent obligées de prendre davantage de congés parentaux et de
travailler à temps partiel. Mais, a insisté la Commission, l'écart de rémunération va bien au-delà de cela : il traduit une inégalité persistante sur le marché du travail dans son
ensemble.
En bonne logique, cet éditorial aurait du être consacré aux inégalités entre les femmes et les hommes au travail comme dans la vie. A ce fameux
plafond de verre qui bouche l’horizon de nombre de femmes qualifiées et en responsabilités. Mais voilà, l’actualité encore une fois s’est faite plus dramatique et nous invite à ne pas passer sous
silence trois suicides qui se sont déroulés la semaine dernière. Trois cadres, l’un à la CPAM de Béziers, l’autre à La Poste à Rennes et le troisième à la Banque Populaire à la Roche-sur-Foron se
sont donné la mort sur leur lieu de travail
Deux d’entre eux ont laissé une lettre ou un courriel par lesquels ils accusent leur hiérarchie de les avoir détruits. « Mon travail ne semble pas
apprécié, je suis mis en cause dans mes activités », écrit Jérémy Buan, jeune cadre supérieur à la Poste. « Cela a engendré un manque de confiance terrible avec une anxiété permanente. Je préfère
ne pas vivre dans un tel contexte opprimant », écrit-il dans cette lettre datée du jour de son suicide. « J'ai tout pour être heureux, une femme aimante, une fille adorable... mais toute cette
anxiété professionnelle a pris le pas sur ma vie privée », poursuit le message que le jeune père de famille a laissé chez lui. « J'ai tenu à vous informer de mon geste, car il est la conséquence directe de l'enfer psychologique que je vis au quotidien depuis deux ans, que
j'ai pourtant essayé de surmonter, de toutes mes forces, pour mon épouse et mes enfants, mais qu'aujourd'hui je n'arrive plus à assumer », a écrit Thierry Hainaut dans un ultime courriel envoyé
depuis son bureau de la CPAM de Béziers où il s’est donné la mort le 29 février. Il accuse son directeur départemental de lui avoir «pourri deux dernières années sans lui laisser la moindre
chance de survie ». « J'ai été tué professionnellement, détruit psychologiquement », ajoute-t-il. Thierry Hainaut n'a pas supporté le regroupement des caisses de Béziers et de Montpellier. Il
avait été arrêté six mois en 2010 pour dépression.
Il n’est évidemment pas question pour les syndicats d’instrumentaliser ces suicides. D’ailleurs, pétrifiés et abasourdis comme le sont les
communautés de travail frappées par ces drames, les syndicats exigent avant tout de faire émerger la vérité tandis que les directions exigent de leurs collaborateurs qu’ils se taisent face à la
presse. Quand elles ne peuvent plus mettre en doute l’origine professionnelle du geste fatal, les directions jurent qu’elles n’ont rien vu venir. On ne met pas fin à ses jours au travail sans que
celui-ci soit indemne de toute responsabilité. Et quand on parle de travail, on parle davantage des relations sociales délétères, du management « marche ou crève », des restructurations à la
hache, des « cost-killers » chargés de vous pousser vers la porte. Pour notre organisation syndicale, ces drames confirment l’urgence à en finir avec ces formes de management qui mettent les individus en
compétition, qui les isolent dans le collectif de travail, qui leur font fouler au pied tout ce qui fait sens dans leur travail et dans celui des hommes et des femmes qu’ils ont la charge
d’encadrer. Source:ugict.cgt.fr éditorial billet de la semaine
Dans le cadre du 8 mars 2012, la commission
Femmes-Mixité et l’activité Culture de la CGT organisent la projection du film de Nigel Cole We Want Sex Equality le : mercredi 7 mars 2012 à 18 heures dans la salle du CCN à la Bourse
nationale du travail CGT de Montreuil.
Au printemps 1968, en Angleterre, une ouvrière découvre que, dans son usine, les hommes sont mieux payés que les femmes. Une aberration
qu’elle va bientôt combattre. Avec ses collègues féminines, elle va mener la grève censée ouvrir les yeux à ces messieurs. En se battant pour elle et ses copines, elle va tout simplement
changer le monde…
Comédie dramatique. Durée 1h53 Avec Sally Hawkins, Rosamund Pike, Miranda Richardson, Bob Hoskins, Geraldine James, Jaime Winstone, Andrea
Riseborough, Rupert Graves.
Collectif "Pas de bébés à la consigne !" : Quelle politique d’accueil des jeunes enfants ?
Débat le mardi 20 mars 2012 à 18 h30 à Paris, Bourse du travail, salle Hénaff - 29, boulevard du Temple, métro République - avec
les candidat-es à la présidentielle.
Collectif "Pas de bébés à la consigne !" : Quelle politique d’accueil des jeunes enfants